Visite d’un disciple de Gandhi

LOUVAIN-LA-NEUVE – Le fondateur du mouvement non-violent Ekta Parishad était hier l’invité de la Maisondu développement durable de LLN.

La Maison du développement durable de Louvain-la-Neuve accueillait ce vendredi l’Indien M Rajagopal, disciple de Gandhi et fondateur d’Ekta Parishad. Ce mouvement non-violent lutte pour les droits des paysans indiens aux ressources naturelles. M Rajagopal a rencontré Thérèse Snoy, députée fédérale Écolo, le vice-recteur de l’UCL Didier Lambert et des membres de la branche belge de son association.

« Les super puissances créent des supers pauvres », lance Rajagopal dans son anglais teinté d’un fort accent Hindou. L’association créée par cet ingénieur agricole, véritable icône dans son pays, Ekta Parishad, milite de façon non-violente pour une plus juste distribution des richesses. Et un retour à une agriculture durable, au service des gens. En Inde, avec la globalisation, des millions de paysans ont été spoliés et chassés de leurs terres par des multinationales. Beaucoup ont migré vers les grandes villes. Ceux qui sont restés se sont endettés avec l’achat d’engrais, de pesticides, de semences. Ces dix dernières années, 150 000 fermiers se sont suicidés. « Notre but est d’éradiquer cette pauvreté, cette injustice mais de façon non-violente et démocratique. »

D’une manière douce, secouer le monde (Gandhi)

Son voyage vise à recueillir des soutiens en Occident. « Les leaders politiques indiens écoutent souvent les voies qui viennent du sommet, des pays d’Europe. Les choses ne changeront pas sans du soutien extérieur des pays riches comme la Belgique. »

Ce désir de justice se matérialise déjà en Inde avec des universités à la philosophie différente, comme la Gandhi University. « Le but est d’y entraîner les jeunes à utiliser leur cerveau et leurs connaissances pour aider les faibles, les plus pauvres, plutôt que de mettre leur savoir aux enchères sur le marché mondial », explique M Rajagopal.

« Nous aussi, Occidentaux, pouvons apprendre de cette philosophie, de la non-violence, en particulier, explique Didier Lambert, vice-recteur de l’UCL. Par exemple, dans la manière assez violente dont nous organisons les études, toujours dans la compétition, ou dans les rapports sociaux parfois très durs. »

Pour la députée fédérale Thérèse Snoy, « des pays comme l’Inde sont plus difficiles à convaincre de la nécessité d’organiser un développement durable. Le travail mené par M Rajagopal est essentiel. »

« Même en Belgique, on est très loin du compte, regrette Jacques Vellut, membre d’Ekta Parishad Belgique.C’est à nous de montrer la voie à suivre. »

« Par exemple à Louvain-la-Neuve, combien de terres inutiles, d’espaces verts inutilisés ? se demande Marcel Roberfroid, ancien professeur de pharmacie à l’UCL. Ces coins de verdure pourraient être distribués aux habitants pour qu’ils cultivent eux-mêmes la terre, leur jardin. Mais la philosophie actuelle est à mille lieux de cela. » ¦

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